CÔTE D’IVOIRE – LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT ALASSANE DRAMANE OUATTARA: ‘’Ne semez pas le doute dans le cœur de vos compatriotes’’. 

 

 

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, SON EXCELLENCE Alassane Dramane OUATTARA,

 

‘’Ne semez pas le doute dans le cœur de vos compatriotes’’. 

 

 

Monsieur le Président,

 

L’opinion publique nationale et Internationale s’émeuvent de vos déclarations dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 4 juin 2018. Déclarations de nature à jeter le doute dans le cœur de vos compatriotes soucieux de vous voir opérer une sortie honorable et digne au terme de votre second et dernier mandat constitutionnel. Car, contre toute attente, vous n’écartez pas l’éventualité d’un troisième mandat :

« La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », dixit Alassane Dramane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire.

 

Monsieur le Président, vos propos ne sont pas de nature à nous rassurer sur votre volonté de passer la main en 2020, loin s’en faut !  Beaucoup d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens perçoivent à travers vos propos, les velléités d’un homme décidé à jouer les prolongations, à s’éterniser au pouvoir, envers et contre l’intérêt de son peuple – à répéter la malédiction qui frappe l’ensemble des pays d’Afrique et son leadership-.

 

Monsieur le Président, je vous invite à suivre l’exemple des grands hommes comme Nelson Mandela, qui a su quitter le pouvoir afin de permettre l’alternance politique dans son pays. Nelson Mandela a semé les graines de la réconciliation, il a nourri les germes d’une phase de stabilité inespérée à l’époque, mais il a su quitter le pouvoir et préparer sa succession alors même que la stabilisation du pays n’était pas achevée. D’ailleurs, l’est-elle jamais ?

Refuser de quitter le pouvoir, et renier les principes constitutionnels qui le fondent – au nom de la stabilité du pays-, n’a jamais été une bonne idée. Mais préparer une succession qui la consolide, est au contraire la marque des grands hommes, des leaders charismatiques.

 

Dans ce contexte, il serait beaucoup plus sage de calmer le jeu, en privilégiant les discours rassembleurs, et pacificateurs qui poussent à la cohésion sociale, à l’unité nationale – comme vous l’avez fait jusqu’ici ; plutôt que de donner dans les déclarations à l’emporte-pièce génératrices de tension, de division et de haine au sein de la société ivoirienne.

 

Monsieur le Président, aussi bien au sein de votre parti politique que dans l’opposition, les Ivoiriens sont prêts à servir le pays, à condition qu’on leur en donne la chance. J’en appelle à votre sens de responsabilité, Monsieur le Président, pour rassurer nos populations sur vos ambitions politiques et vous investir dans l’avènement d’une alternative pacifique et crédible au lendemain des élections présidentielles de 2020. Afin que le processus démocratique cher à notre commune patrie, puisse se consolider et s’enraciner profondément.

 

Seule la démocratie, seuls nos principes fondamentaux, nous protègent contre une pression minoritaire qui s’exercerait au détriment d’une majorité. Au demeurant, le peuple ivoirien, seul garant de la souveraineté, doit jouir de droits fondamentaux et bénéficier des fruits de la croissance nationale et des avancées du processus démocratique en cours. Et c’est en cela que nous exhortons le président de la République à semer la quiétude dans le cœur de ses concitoyens en annonçant son incapacité à se présenter à la présidentielle de 2020 afin que l’après Ouattara puisse se préparer dans de bonnes conditions.

 

La crise qui a secoué la Côte d’Ivoire a de près ou de loin affecté tout le continent africain. Raison pour laquelle la déclaration du Président ivoirien devrait interpeller tout Africain.

 

Marc Gbaffou

Au 21ème siècle, la Côte d’Ivoire notre patrie n’est pas prête à accepter un troisième mandat. Dès à présent nous lançons un appel solennel aux différentes structures nationales, continentales et internationales telles que la Communauté Economique des Etats de L’Afrique de l’Ouest (CEDAO), l’Union Africaine (UA), l’Union Européenne (UE), l’Organisations des Nations Unies (ONU) entre autres, afin qu’elles prennent les dispositions nécessaires pour éviter une autre énième crise fratricide en Côte d’Ivoire.

 

Très haute considération,

 

Lundi 17 juillet 2018

 

Marc GBAFFOU

Président de la Diaspora Africaine d’Afrique du Sud

Ingénieur, Université de Johannesburg

Email: marcgbaffou@gmail.com

 

 

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