Macron et la culture africaine

 

 

Ayant vécu au Nigeria quand il avait fait son stage de l’ENA à l’Ambassade de France, Emmanuel Macron connaît Lagos où il avait régulièrement usé ses semelles sur les pistes de danse et avait souvent arpenté les halls des grandes expositions d’Art qui rythment les saisons artistiques nigérianes. Il est vrai que Lagos reste, sur le continent, l’une des villes les plus créatrices avec ses galeries, ses pianos-bars, sa statuaire, ses podiums, ses studios de tournage, ses musiques, la folie de sa vie trépidante et époustouflante. On ne peut pas avoir baigné dans un univers aussi riche et en revenir intact. La grâce ou le génie des créateurs est là qui vous émeut, vous prend aux tripes, quel que soit le domaine. C’est cela qui a fait dire au Président français alors en visite d’Etat au Nigéria que l’Afrique doit révéler au monde sa culture. Mais Macron ne fait qu’enfoncer une porte bien déjà ouverte: les Nigerians, de par leur culture, n’influencent pas seulement l’Afrique entière. Ils sont en train de conquérir le monde après l’avoir égayé. Comme les Américains un siècle avant, les Nigérians, sans djembé ni balafon, sont en train de séduire par leur cinéma, leurs modes vestimentaires et leurs musiques sur tous les continents.

 

Cependant, ce rayonnement ne repose pas, semble-t-il, sur une stratégie politique pensée en haut lieu. C’est le fait d’une dynamique d’hommes et de femmes, d’opérateurs culturels qui s’appuient sur des structures privées ou des relais professionnels dans les différents coins du monde pour promouvoir les arts de ce pays . C’est pour cela que le président français en appelle à une prise en main institutionnelle de la culture. Non pas que les pouvoirs publics se substituent aux structures professionnelles, mais qu’ils définissent une diplomatie culturelle plus offensive, en soutenant toute initiative de promotion, de diffusion des oeuvres de l’esprit, en organisant le secteur pour qu’il soit plus structuré, plus valorisant, plus rentable pour tous ceux qui en vivent.

 

Florent Couao-Zotti, écrivain.

La présence de Macron au Shrine est un symbole fort et porteur. L’antre du compositeur le plus fou de la musique africaine Fela Kuti est devenue un lieu de légende, un endroit où les passionnés de l’Afrobeat se rendent comme en pèlerinage pour ressentir par quels états le chanteur-engagé et enragé était passé pour être ce qu’il fut. Macron nous montre et montre à tous ceux qui regardent ailleurs que nos dieux sont chez nous sur place qu’il nous faut les honorer pendant qu’il est encore temps. Avant lui, aucun chef d’Etat, fut-il africain, ne l’a fait. La claque !

 

Florent COUAO-ZOTTI

 

 

A lire aussi:

 

DJIBOUTI: L’inévitable processus d’un changement à venir !

 

Centre Culturel Du Patrimoine Arabe: La France honore LE FEMINISME ÉGYPTIEN

Commentaires