BENIN – Législatives 2019: Et si on rafalait la racaille politique ?

 

 

Le récent vote du parlement qui interdit toute fusion de partis et qui exige, pour les législatives futures, deux cents millions de francs de caution, ne fera pas que des malheureux. Côté mouvance présidentielle, on se frotte les mains. La racaille politique qui a tôt fait de retourner sa veste, est, paraît-il, en train de jubiler, heureuse qu’on la raccorde à la liste de la majorité, heureuse de pouvoir renouveler ses sièges dans la future assemblée. Mais il n’est pas certain que cela se passe ainsi et les principaux intéressés ne doivent pas en être si euphoriques.

 

En effet, les mêmes qui hier, avaient juré sur le fétiche Yayi et qui, dès la rupture, l’ont renié en devenant des thuriféraires agités de Talon, sont en train de nourrir des inquiétudes. Ils ont beau hurler au loup parmi les loups, montrer muscles et glaives, ils sont en train de trembler et de lâcher des eaux dans leurs froques. Leurs passés récents, s’ils ne plaident pas en leur faveur, ne peuvent pas inspirer tout pouvoir, quel qu’il soit, de continuer à travailler avec eux. Et Patrice Talon qui les connaît du bout des doigts, a les moyens de pouvoir faire place nette dans leurs rangs, si ce n’est de se débarrasser définitivement d’eux. Car, il sait, le Président, que leur loyauté ne compte que pour du beurre de karité et qu’à la moindre embardée du régime, ils seront les premiers à faire leur revirement. De Rashidi Gbadamassi à Barthélémy Kassa en passant par Benoît Degla et Okounlola, leur proximité avec tout régime, sera toujours polluante et nauséeuse.

 

Pour le Président de la République, se débarrasser de cette gangrène sera salutaire pour deux objectifs principaux.

 

Le premier, c’est qu’il permettra à ces gens, une fois débarrassés du tablier de député, de répondre devant la justice des lourdes charges qui leur sont imputées dans divers dossiers criminels: meurtre pour certains, détournement de deniers publics pour d’autres, corruptions, prévarications pour d’autres encore. De fait, la nocivité morale dont ils sont les porteurs de germes, sera apurée ou mise au clair.

 

Le deuxième, c’est que sur le plan politique, cette décision permettra de mettre fin aux pratiques malsaines de cette racaille qui vampirise la vie publique depuis près d’une quinzaine d’années. Car, ces gens prennent en otage les populations, organisent la vente aux enchères de leurs votes, empêchent des jeunes talents d’émerger, privent des pans entiers de la population d’une alternance dans leurs fiefs supposés.

 

Florent Couao-Zotti, écrivain.

 

Talon a promis de changer les pratiques marchandes de la politique béninoise. Il a créé les conditions pour en éliminer les acteurs les plus décriés. C’est le moment de passer à l’action. Les tigres en papier qui s’ agitent en tous n’auront que leurs cris de chaton à opposer à la grande lessiveuse qui se prépare.

 

Florent COUAO-ZOTTI

 

 

A lire aussi:

 

Roger Gbégnonvi ou les dérapages d’un personnage clivant

 

Et Erick Christian AHOUNOU crée l’Ève noire

 

Hommes politiques et députés essuie-glace.

 

Commentaires