CÔTE D’IVOIRE – Légalité et légitimité contestées de la Cei : des vaincus Pdci «récusent» les victoires du parti

« Si la légalité et la légitimité (sa capacité et son droit à organiser les élections locales du 13 octobre 2018) de la Cei sont mises en cause par les vaincus du Pdci, comment ce parti peut-il continuer à revendiquer les autres victoires dont il se prévaut, et même faire des recours pour exiger des résultats favorables, sur la base des élections organisées par la même Cei, qui serait forclose, suite aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme, selon N’Dohi Raymond ?

 

 

Telle est l’interrogation que l’on peut entre formuler suite à une déclaration lue le mercredi 14 novembre 2018 au siège de leur parti à Cocody, par des candidats du Pdci-Rda déclarés perdants aux élections locale (municipales et régionales couplées) du 13 octobre 2018. Dans le cadre des recours introduits auprès de la Cour Suprême, pour le contentieux électoral, ces candidats ont appelé le pouvoir exécutif à laisser les juges chargés de l’affaire, plancher librement sur les différents dossiers.

 

« Nous demandons au pouvoir exécutif de laisser librement les magistrats de la Cour Suprême dire le droit, rien que le droit, sans risquer leurs postes», a lancé Yapi N’Dohi Raymond, maire sortant de la commune de Koumassi. Georges Phillipe Ezaley (maire sortant de Grand-Bassam, déclaré perdant par la Cei), Serges Vremen (déclaré perdant dans le Gontougo) ou encore Zié Daouda (déclaré perdant dans la coordination de Yopougon) étaient au nombre des candidats présents au point de presse. Ils se sont constitués désormais en un Collectif qui portera le nom de “Collectif des candidats intimidés et spoliés des élections locales du 13 octobre 2018” (Ccis).

 

Yapi N’Dohi a pris à témoin la communauté nationale et internationale face à ce qu’il a qualifié de « grave irrégularités qui ont émaillé» le déroulement de ces élections couplées : « l’utilisation frauduleuse du logo du Pdci-Rda en vue d’entraîner la confusion au sein des populations, l’absence de stickers pour favoriser la fraude, l’immixtion dans le procès de chefs de guerre, l’utilisation de milliers de cartes d’électeurs non distribuées et mises à la disposition des candidats du pouvoir par la Cei, la non ouverture de bureaux de vote, notamment à Port-Bouët, la destruction de listes élections à Yopougon et de bulletins de vote à Tiebissou, l’absence de scellés sur les urnes, l’inversion de résultats comme à Grand-Bassam, dans le Lôh Djiboua et dans le Gontougo (…) ».

 

Selon Yapi N’Dohi, cela aurait contribué à une fraude massive au profit des candidats du pouvoir et occasionné «un réel recul de la démocratie dans notre pays ». 
Le Collectif a aussi dénoncé le fait que la Cei ait été autorisée à organiser ces scrutins, sans qu’elle ait été réformée au préalable, conformément à la requête de la Cour africaine des droits de l’homme . Yapi N’Dohi a alors dénoncé, au nom du Ccis, « les abus de toutes sortes, commis par la Cei illégale et illégitime ».

Le Collectif a appelé les populations « à rester calmes, mobilisées et à faire confiance à la justice ». Selon N’Dohi Raymond, ce sont 102 recours qui ont été introduits auprès de la Chambre administrative de la Cour Suprême, à l’issue du scrutin.

 

J-H K

 

 

Afriki Presse

 

Commentaires