AFRIQUE ET DIASPORA – A quand l’«Internationale panafricaniste» ?

 

 

Depuis les temps des pères-fondateurs du panafricanisme, l’Afrique tente inlassablement de rassembler les Africains du continent et ceux de toute la diaspora, notamment les Afro-descendants des Antilles et des Amériques, dans un seul et même creuset. Avec comme vocation première de sortir ce continent (terre-mère) de l’ornière, de sa dépendance extrême vis-à-vis des autres et d’en assurer son indépendance et son développement.

 

C’est dans cette optique que par le truchement de la défunte Organisation de l’union africaine (OUA) sur les cendres de laquelle est née la présente Union africaine (UA), les dirigeants africains avaient engagé leurs pays dans le camp du Mouvement des pays non-alignés. La célèbre « Déclaration de la Havane » de 1979 au pays du « Líder Máximo », Fidel Castro, stipulait comme objet de cette organisation : « l’indépendance nationale, la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés dans leur lutte contre l’impérialisme, le colonialisme, le néocolonialisme, la ségrégation, le racisme, et toute forme d’agression étrangère, d’occupation, de domination, d’interférence ou d’hégémonie de la part de grandes puissances ou de blocs politiques » ainsi que la nécessaire solidarité d’avec les peuples en lutte du Tiers-monde. Mais ça, c’était du temps de la guerre froide et des blocs capitaliste contre socialiste ou communiste.

 

Depuis que le capitalisme a fait feu de tout bois, et qu’à petit feu, il a fini  par avoir raison de l’idéal communiste et que d’anciens communistes sont devenus capitalistes d’eux-mêmes, notre société d’hommes n’a rien trouvé de mieux à proposer comme alternative. Et les dirigeants africains, n’ont pas longtemps tergiversé pour se ranger face à une situation qui leur apparaissait plus qu’un casse-tête chinois.  Ils se sont vite et bien bien alignés. En se débarrassant même, sans crier gare, de leurs oripeaux de militants de la première heure d’une troisième voie.

 

Aujourd’hui, quand ils ne sont pas dans l’«Internationale socialiste», ils sont dans l’«Internationale néo-libérale» ou même dans l’«Internationale chinoise», l’«Internationale russe», l’«Internationale indienne» et tutti quanti. Tant et si bien qu’on est en droit de se demander s’il y a encore un idéal panafricain qui vaille à leurs yeux. A quand donc  l’«Internationale panafricaniste» ? Disons, la vraie, et pas celle de l’Union africaine, dont la visibilité laisse à désirer, et qu’elle ne cesse d’agiter aux yeux des Africains comme le miroir aux alouettes.

 

L’Afrique, comme on peut bien s’en rendre compte fort aisément, a besoin d’une nouvelle gouvernance et d’un nouveau leadership qui prennent en compte les aspirations profondes de ses peuples. Au nombre de celles-ci, il y a l’union formelle du continent tant géographiquement que politiquement, et cela dans les plus brefs délais. Car les Africains en ont assez d’être les tristes spectateurs d’un monde dans lequel ceux qui sont censés orienter la marche de leur continent se révèlent des incapables qui doivent attendre tout des puissances étrangères derrières lesquelles ils sont alignés. De manière on ne peut plus disciplinée. Et en cela, la naissance de l’«Internationale panafricaniste» devrait être une nécessité vitale aussi bien pour les gouvernés que les gouvernants. Plutôt que de continuer sempiternellement à s’aligner à gauche et à droite, au centre, à l’extrême gauche ou à l’extrême droite partout dans le monde, là où en principe la voix de l’Afrique mérite d’être portée, haut et fort.

 

Comme qui dirait, l’Afrique a besoin d’une nouvelle institution fédératrice, qui rassemble des politiques, des intellectuels et toutes les composantes de sa société civile, pour porter le flambeau d’un nouveau panafricanisme. Ce nouveau panafricanisme doit se redéfinir et proposer aux Africains et aux Afro-descendants du monde entier un nouvel idéal, moins territorial et plus identitaire: une nouvelle âme qui transcende toutes les différences pour rassembler autour d’objectifs supra-africains. La conférence des maires issus de la diaspora africaine et autres organisations du genre sont déjà autant d’atouts dont pourrait bénéficier cette « Internationale panafricaniste » qui manque cruellement à l’Afrique et à sa diaspora. Au point de faire courir bien des dirigeants du continent vers d’autres organisations dont les objectifs ne sont pas toujours convergents avec ceux de l’Afrique et sa diaspora. Et ce n’est que pur euphémisme.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

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