RDC : Les Universitaires congolais relancent la pertinence de la Transition Sans Kabila

La dynamique des professeurs, des universitaires et de la société civile préconise la mise en place d’une transition citoyenne en vue de l’organisation des élections démocratiques et apaisées en RDC. Dans un communiqué, qu’ils ont signé en date du 21 décembre 2018, ces activistes congolais font état du « refus manifeste et récurrent » du gouvernement, et de la CENI, à assurer la passation de pouvoir entre l’actuel président et un successeur démocratiquement élu. Ils demandent, quant à ce, à la communauté internationale de s’impliquer, dans le dossier relatif à cette problématique, afin de protéger la population civile.

 

 

Dans cette déclaration, ces intellectuels congolais font le point sur certaines attitudes récentes, des institutions étatiques, qui semblent enfreindre le bon déroulement du processus électoral en cette fin de l’année. Leur consternation est fondée sur « le énième report unilatéral des élections présidentielles, législatives et provinciales par la CENI, faisant du reste suite à l’interruption brutale et illégale de la campagne présidentielle par le Gouverneur de Kinshasa », peut-ont lire dans leur manifeste.

S’acharnant à ces agissements, qu’ils qualifient de « mesures illégitimes prises en violation flagrante des lois et règlements de la République », les professeurs lanceurs d’alertes et d’autres intellectuels disent craindre l’inflammation de la nation en cette période festive. Ils font également état du « constat révoltant de l’impréparation savamment orchestrée, du refus manifeste et récurrent d’organiser des élections crédibles par le gouvernement et la CENI, privant ainsi le peuple Congolais de son droit légitime de se choisir ses propres dirigeants et représentants, même à travers une parodie d’élections »

En vertu de leur engagement patriotique [qui a conduit, dans le passé, à l’organisation des conférences d’éveil de conscience à travers plusieurs villes du pays], ces intellectuels relèvent le manque de volonté qui a conduit à la pérennisation illégitime des institutions étatiques, en dépit de l’expiration de leurs mandats constitutionnels. Ils fustigent « l’incapacité bien pensée et bien entretenue d’organiser les élections locales depuis 2006, les sénatoriales et les provinciales depuis 2012, la présidentielle et les législatives depuis 2016 ».

A travers ce énième manifeste, les intellectuels congolais [du pays et de la diaspora] mettent en exergue certains faits légitimant la crise de crédibilité qu’ils entretiennent envers l’ensemble de la classe politique congolaise. Dans leur circulaire, ces intellectuels ne s’arrêtent pas à dénoncer la connivence qu’ils peignent entre la CENI et les institutions étatiques. Ils regrettent également « l’incapacité de l’opposition de se rassembler pour permettre au peuple de faire le choix entre vrais programmes de gouvernement au service de l’homme congolais, à travers une gouvernance démocratique susceptible de garantir le bien-être et la sécurité de nos populations »

En guise d’issue, la dynamique revient sur certaines dispositions constitutionnelles qui consacrent la souveraineté populaire et les droits fondamentaux. Ils citent notamment les articles 5, 28 et 64 et s’engagent à « œuvrer résolument à l’instauration de l’Etat de droit et de la démocratie, le nouveau nom de la paix ».

Comme dans le passé récent, la dynamique des professeurs, et des universitaires congolais, est revenue sur l’indispensabilité de la mise en place d’une « une transition citoyenne, sans aucun politique, sous le leadership d’une personnalité civile consensuelle comme le seul moyen de sauver la nation en péril ».

Le collectif invite « solennellement tous les animateurs des institutions politiques et de la CENI à la démission immédiate pour avoir failli à leur mission régalienne »

Par cet appel, la dynamique des lanceurs d’alerte se joint au professeur Denis Mukwege [un des initiateurs de la dynamique] qui, en la même date, a exigé la démission du président de la République, dans une tribune qu’a publiée le média américain New York Times.

C’est en vertu même de la fierté que leur a auguré la « distinction très particulière » du professeur Denis Mukwege, lauréat du Prix Nobel de la Paix, les universitaires congolais exhortent « la Communauté Internationale (ONU, UE, UA, SADC, CEEAC, etc.) à s’engager résolument dans la résolution durable de la crise politique en RDC, notamment en enclenchant la responsabilité de protéger les populations en danger et, le cas échéant, en élargissant et renforçant des sanctions ciblées contre les auteurs de la crise congolaise persistante ».

Rappelons que le collectif des universitaires congolais n’a jamais cru en la tenue des élections conformément au calendrier qu’avait mis en place la Commission Electorale Nationale Indépendante. A partir de l’année 2017, les professeurs se sont mobilisés à travers le pays tout entier afin d’appeler les congolais à s’impliquer pour la mise en place d’une Transition Sans Kabila.

Dans leurs déclarations, les professeurs ne cessent mettre en cause la volonté du président Joseph Kabila à quitter délibérément et démocratiquement le pouvoir.

 

Laprunellerdc.info

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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