CÔTE D’IVOIRE : Lobognon retourne en prison pour 12 mois ou temps forts du procès

L’information du confrère « La lettre du continent » impliquant le chef de l’État , Alassane Ouattara, dans un deal avec Guillaume Soro, en vue de la libération du député Alain Lobognon n’a pas eu d’échos auprès des juges, lors du procès du député , mardi 29 janvier 2019.

 

Alain Michel Lobognon qui a été condamné à 12 mois de prison ferme et à une amende de trois cent mille francs Cfa, retourne en prison le temps de faire appel, ou de bénéficier d’une grâce ou d’une amnistie. Le procureur de la République, Adou Richard avait requis 24 mois de prison ferme et une amende de 500 mille. Alain Lobognon, était poursuivi selon la procédure de flagrant délit de divulgation de fausses nouvelles. Il avait été ensuite écroué. Le parquet lui reproche d’avoir écrit sur Twitter que l’ordre avait été donné d’arrêter le député Ehouo Jacques, alors qu’il n’en était rien.

 

[ Dans cette affaire, le témoin c’est la loi ]

 

« Le flagrant délit est établi, puisque le post du mise en cause est toujours visible sur son compte tweeter et continue de faire effet jusqu’à l’heure où je vous parle, monsieur le Président. Cela signifie que la main du prévenu est toujours dans le sac. Le flagrant délit court toujours », a affirmé le procureur de la République, en l’absence des avocats , qui sont sortis pour protester contre le refus du Juge-président Cissoko Amourlaye, de statuer dans le fond sans avoir rendu , selon eux, de décisions sur plusieurs exceptions soulevées.

 

[ Lobognon dénonce un procès politique, un procès qui n’est pas ordinaire ]

 

Alain Lobognon qui a refusé de répondre aux questions du procureur, lorsque ses avocats sont sortis, a dit avant le verdict ceci : « C’est sur la base de la loi anti-casse » que Laurent Gbagbo, son épouse et son fils ont été arrêtés en 1992. C’est sur la bas de cette même loi que les députés membres de la direction du Rdr avaient aussi été arrêtés (…)

Le Procureur peut me poursuivre, il peut vouloir me faire condamner. Mais, l’immunité que me confière la Constitution, en ma qualité de Député et d’ancien ministre, n’est pas négociable. (….). Ce procès est politique. Parce que je retrouve dans la bouche du Procureur, des propos tenus par des hommes politiques. (…) Comment peut-il comparer la motion du bureau de l’Assemblée nationale, à des courriers de députés proches d’un parti politique ? ».

Au début des échanges, Adou Richard s’était opposé au fait que Alain Lobognon se présente à la barre, avec son échappe de député. Les avocats ont refusé d’accéder à sa requête. Par la suite, les juges ont fait injonction au député de retirer l’écharpe parce que celle-ci était aux couleurs nationales, et non dans des couleurs neutres. Par respect pour l’institution judiciaire, le député s’est exécuté.

 

Le procureur de la République s’était également opposé à ce que l’avocate et ex-ministre Affoussiata Bamba-Lamine plaide en faveur de Lobognon au motif qu’elle est considérée comme avocate au barreau de Paris, et qu’elle n’a pas souscrit à des diligences requises en la matière. Mais il a été débouté au sujet de cette requête.

Avant le procès, une vingtaine de députés issus du Pdci ou proches de Guillaume Soro, ont été empêchés par la police d’accéder au palais de justice , qu’ils ont rallié à pieds en venant de l’Assemblée nationale.
Ils disaient venir soutenir leur collègue parlementaire, et vouloir défendre le respect de l’immunité du député , garantie par la constitution.
Face à la presse, ils ont dénoncé une entrave à la liberté de manifester.

 

Charles Kouassi, avec JH Koffo

 

 

Source : http://www.lintelligentdabidjan.info

 

L’intelligent d’Abidjan (Côte d’Ivoire)

 

 

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