BENIN – CRISE POLITIQUE : Le Président du FPHA, Ladislas Prosper Agbessi exige la démission de Patrice Talon

Le Bénin est depuis le processus électoral devant conduire à la mise en place de la 8ième législature de l’Assemblée Nationale dans un climat délétère marqué par la mise à l’écart de l’opposition politique de la course aux élections législatives du 28 avril 2019. Et pour cause.

 

Ladislas Prosper Agbesi (Photo d’archives).

Pour Ladislas Prosper Agbessi, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 au Bénin et président du Forum Panafricain des Hommes d’Affaires (FPHA), la situation délétère qui prévaut actuellement dans le pays, est une première depuis l’historique conférence nationale  des forces vives de Février 1990 et n’est pas de nature à consolider l’état de droit et la démocratie pluraliste en cours.

Quand on sait que le président Patrice Talon a lui-même déploré cette situation le 6 mars dernier, à l’occasion de sa rencontre avec la classe politique, on est en droit de s’interroger sur les motivations profondes qui sous-tendent sa volonté manifeste à cautionner une parodie d’élection. Au détriment d’une recherche de consensus pour opérations électorales inclusives dans un climat apaisé.

D’autant que les partisans du chef de l’Etat n’ont pas voulu laisser une marge de manœuvre suffisante au Président de l’Assemblée Nationale pour une proposition finale de sortie de crise in fine. N’ayant pas voulu attendre que la fin des négociations, pour faire leur déclaration à la tribune du parlement pour rompre la recherche de consensus.

Et pour enfoncer le clou, les présidents des institutions appuyé par le médiateur de République se réunissent le 1er avril 2019 pour encourager la poursuite du processus sans les partis de l’opposition, au mépris des fondamentaux qui gouvernement un Etat de droit.

S’il en est ainsi, comment pouvons-nous encore parler de démocratie face à ce qui se passe dans mon cher pays ?

Comment pouvons-nous nous considérer en démocratie face aux actes commis ces derniers temps par ceux-là mêmes qui sont garants de l’Etat de droit et de notre gouvernance ? Surtout après le traitement des dossiers des partis de l’opposition par le Ministère de l’Intérieur et la CENA.

Comment peut encore parler de démocratie face aux comportements partisans de la Cour Constitutionnelle avec l’introduction du fameux certificat de conformité dans les règles du jeu en cours du jeu et sa décision confirmant les deux partis du Chef de l’Etat pour les élections  en dépit de tout bon sens. Et ce, malgré les preuves de traitement de faveur dont ont bénéficié ces derniers auprès de la CENA.

Comment pouvons-nous encore parler de démocratie quand le Chef de l’Etat pense que porter le chapeau de la décapitation de la démocratie est une bonne chose.

Comment pouvons-nous encore parler encore de démocratie quand on ‘’gaze’’ les anciens présidents de la République et on procède aux arrestations tous azimuts des partisans de l’opposition, des journalistes, et de toutes voix discordantes ?

 

Face à ces différents actes  qui constituent en effet un coup d’état constitutionnel et une déclaration de guerre à notre pays et sa démocratie ;

Et considérant la constitution du 11 décembre 1990 en son préambule qui stipule :

Nous, peuple Béninois,

-Réaffirmons notre opposition fondamentale à tout régime fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel ;

Exprimons notre ferme volonté de défendre et de sauvegarder notre dignité aux yeux du monde et de retrouver la place et le rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des Droits de l’Homme qui furent naguère les nôtres ;

Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit de démocratie pluraliste, dans les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ;

Réaffirmons notre attachement aux principes de la Démocratie et des droits de l’Homme tels que définis par la charte des Nations -Unies de 1945 et la déclaration Universelle des Droits de l’ Homme de 1948, à la charte Africaine des Droits de l’ Homme et des peuples adoptée en 1981 par et dont les dispositions font partie intégrante de notre Constitution.

Conformément aux dispositions des articles 3 et 66 de la constitution nous en  appelons purement et simplement à la désobéissance civile de tout le peuple et au départ du président de la République. Nous n’avons plus d’autre choix que de rétablir l’héritage issu des sacrifices des pères de la démocratie béninoise et l’image de pionnier du Bénin en matière de processus démocratique sur le continent.

On ne soumet pas son peuple, on se soumet au peuple.

 

Vive la démocratie

Vive le Bénin

Je vous remercie

 

De notre correspondant à Johannesburg

S. C.

 

 

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