MALI: Des milliers manifestants dans la rue pour ‘’exiger la fin des massacres au centre du pays’’

A l’appel des associations de jeunes de la région de Mopti, des centaines de personnes ont battu le pavé, le vendredi 21 juin, pour dénoncer la recrudescence des expéditions meurtrières perpétrées par des assaillants contre les populations civiles.

 

 

« Sécurisez les civils ; bannissons les propos de la révolte ; halte à l’amalgame ; sa suffit à Mopti, on a trop souffert ; nous voulons pays ». Tels sont les slogans de colères qu’on pouvait lire les banderoles et les pancartes de nombreuses personnes, qui ont pris d’assaut , hier, la place de la bourse du travail sous un soleil de plomb pour dénoncer ‘’ l’immobilisme de l’Etat face à la recrudescence de l’insécurité dans le pays Dogon’’.

La marche sans incident et largement cadriée par les forces de sécurité a duré une heure et demi. Sur place, les manifestants ont exprimé leur indignation contre la spirale de la violence dans la région de Mopti, notamment dans le pays Dogon, où les massacres en grande nombre, les dégâts matériels et les enlèvements des bétails sont devenus le quotidien des populations. Les attaques perpétrées contre des civils innocents dans le centre du pays se sont multipliées depuis le début cette année faisant plus de 300 de morts de Kolongon, Ogassagou, Sobane-Da et Yoro. Des assassinats que beaucoup attribuent à un groupe d’inconnus qui se déplacent en motos, habillent souvent en tenue de chasseurs pour commettre les meurtres. Pour le collectif des ressortissants de Mopti, cette situation d’insécurité a eu pour conséquence la détérioration des principes juridiques, les normes sociales et les valeurs culturelles. « L’extrême précarité s’est installée, l’insécurité alimentaire, les déplacements forcés, l’exclusion sociale, le sous emploi et l’absence de tourisme ont largement amplifié la vulnérabilité des couches sociales », a déclaré le porte-parole des manifestants.

Le collectif attribue cette situation à la défaillance sécuritaire causée, selon certains, par le manque de réaction promptes des forces armées malienne souvent stationnées à quelques kilomètre des lieux des attaques.

 

 

Sur le long du trajet, les manifestants ont condamné l’agression physique du maire de Sangha par les FAMAs sur ordre ex-Gouverneur Sidi Alassane Touré et se disent préoccupé par le mutisme des forces étrangères, notamment la MINUSMA et Barkhane, contre les forces du mal. « Nous ne comprenons pas le rôle des forces étrangères dans notre sol. Ils ont pour mandat de protéger les populations civiles, mais c’est la désolation qu’on enregistre chaque jour dans village », a déclaré Aly Dolo, qui renchérit « si elles ne sont pas prêtes à nous soutenir qu’elles quittent notre pays ».

 

Dans un manifeste lu lors de cette marche pour dénoncer les massacres et exiger le retour de la sécurité au centre, le collectif recommande à l’Etat ‘’ d’assurer la présence en puissance de l’armée dans la région de Mopti, la mis en place d’un dispositif d’alerte précoce permettant aux FAMAs d’intervenir rapidement pour éviter le pire’’. Il demande également le retour de l’administration, la prise des mesures pour venir en aide aux déplacés et d’implication des autorités administratives et locales dans la résolution de la crise au centre du pays.

 

Siaka DIAMOUTENE

 

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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