L’incontestable réalité de la liberté de la presse au Niger

 

Zakaria Abdourahaman

Quand quelque chose saute aux yeux et pénètre les esprits, on ne peut que l’admettre. Ce n’est pas sage de nier l’évidence. C’est un principe qui relève du bon sens et comme l’a dit Descartes : « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Pourtant, au Niger, nous avons de nos concitoyens qui sont toujours dans la dénégation de l’évidence. C’est aux gens venus d’ailleurs de louer l’enviable réalité dans laquelle ils vivent.

 

En effet, avec le 12ème Sommet extraordinaire de l’Union Africaine, nos compatriotes Africains sont venus chez-nous et ils sont répartis satisfaits. Ils ont vu, écouté, observé et ils ont commenté et apprécié des choses et des comportements. En plus de la patience de nos concitoyens, de leur remarquable hospitalité, de la qualité des infrastructures d’importance socio-économique et de l’esthétique de Niamey, ils ont aussi eu l’occasion de très vite découvrir quelque chose in situ et de visu.

 

Cette chose, c’est bien sûr la réalité de la démocratie nigérienne à travers certains  de ses aspects que sont la liberté d’opinion, la liberté d’expression et la liberté de la presse. Comme on le dit, la liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux  de la démocratie qui repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Elle est essentielle à la bonne gouvernance. Nos frères et sœurs Africains l’ont dit, à qui veut l’entendre, qu’ils ont très vite été impressionnés par l’étendue de la liberté de la presse au Niger.

 

Cela ne peut pas être autrement parce qu’au Niger, elle fait partie de la vie de tous les jours. La presse privée indépendante est omniprésente au Niger. Les médias numériques et traditionnels prolifèrent. Dès leur arrivée à Niamey, Ils ont vu dans les kiosques ou sur les grandes artères de la ville, une kyrielle de titres des journaux  privés aux noms séduisants et aux manchettes, les unes plus accrocheuses que les autres. Ils ont aussi eu le temps de découvrir la multitude  des radios et télévisions privées. Ils ont lu les journaux, ils ont écouté et suivi les informations, les reportages, les interviews, les débats et autres émissions dans les radios et les télévisions.

 

Il faut admettre que malgré les conditions et les limitations, nombreux sont les hommes et les femmes qui font preuve de professionnalisme dans leur domaine. Cependant, nos frères et sœurs Africains ont été témoins de la façon dont certains travailleurs des médias usent et abusent de la liberté de la presse dans notre pays. Ils ont compris que le respect l’éthique et de la déontologie est le cadet de leurs soucis. Ils ont aussi vu comment dans les débats et les interviews, certains Nigériens jouissent sans retenue de leur liberté d’opinion et de leur liberté d’expression. Ils les ont écouté se prononcer avec haine, légèreté et désinvolture sur nos institutions, les hommes et les femmes qui les animent.

 

Au delà de l’omniprésence de la presse privée dans le paysage médiatique, nos invités ont aussi découvert que parmi ceux qui crient à la dictature au Niger, certains sont des magnats de la presse. Ils utilisent leurs médias comme ils veulent, ils décident de qui doit écrire quoi et qui doit dire quoi. Qu’on réside au Niger, qu’on soit en visite ou de passage, rien qu’en voyant l’usage que certains font de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion et d’expression, on doit accepter que le Niger est un pays démocratique, honnêteté oblige. Le mérite revient aux Nigériens, mais surtout aux hommes et aux femmes qui sont au pouvoir, ce sont des vrais démocrates qui tolèrent assez souvent, même les débordements et les abus qui frisent l’anarchie.

 

Ils épousent cette citation de Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » C’est cela même la quintessence de la liberté d’expression, un des éléments essentiels de la démocratie et du bien vivre ensemble. Cependant, pour la pérennité de notre démocratie, quel que soit notre bord politique ou idéologique, nous devons admettre qu’user des libertés publiques dynamise la démocratie, en abuser la paralyse. En Afrique et au Niger, la démocratie, nous en avons tous besoin. Elle est indispensable pour notre développement.

 

Zakaria Abdourahaman

 

 

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