BENIN/Importation de blocs de roches de la Norvège par le gouvernement: Ce granite pèse 98 milliards de gré à gré

Il y a quelques mois, le gouvernement de la Rupture avait décidé d’importer plus d’un million de tonnes de blocs de granite au Bénin. La nouvelle avait fait jaser plus d’un quand on sait que les sols du bénin regorgent de cette matière. Et lorsque, le 07 juin 2018, le député de l’opposition, Guy Mitokpè demandait au gouvernement des explications sur le coût d’importation des granites, ainsi que l’identité de l’entreprise retenue pour exécuter le marché, et surtout la procédure ayant abouti à sa sélection, aucune réponse satisfaisante de l’exécutif n’était parvenue à l’Assemblée nationale de l’époque.

 

 

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et des éléments de cette transaction qui porte sur importation à polémique de blocs de roche pour exécuter les travaux destinées à la construction d’une digue de quatre (04) kilomètres à Avlékété, dans la commune de Ouidah ont commencé par apparaitre. Ainsi se révèle au jour, un marché de gré à gré, portant sur 98 milliards de nos francs. Il faut avouer que sur coup-ci, le bloc de granite Norvégien pèse assez lourd. Dans la foulée, et comme par pur hasard, on annonce la suspension du Directeur national du Contrôle des marchés publics, monsieur Aminou Adjélé Maman. Nommé en conseil des ministres le 26 Août 2016, c’est par arrêté N° 2090 en date du 05 Août 2019 du Ministre des finances Romuald Wadagni que ce cadre a été suspendu. Un arrêté qui ne donne d’ailleurs aucune précision sur la ou les raisons de cette suspension, si ce n’est pour des « nécessités de services » concluait laconiquement l’acte.

Questions orales du député Guy Mitokpè, en son temps

Récidive et absence totale de transparence

Depuis son avènement, le gouvernement du président Talon qui avait pourtant prôné la transparence et une gouvernance exemplaire s’illustre au quotidien dans des actes douteux d’une gouvernance opaque où les règles de passation de marchés publics sont régulièrement bafouées avec à la clé, le recours abusif et quasi permanent aux marchés de gré à gré, loin de tout mécanisme de contrôle. Mieux, le gouvernement de la Rupture  depuis son installation voilà déjà 3 ans n’a jamais intégré dans ses approches de gestion, quelques unes des postures les plus basiques à savoir, la transparence et la réédition des comptes.

Dans un passé récent, qu’il nous souvienne que la même procédure décriée de gré à gré a été l’option choisie par l’ancien ministre Lazare Sèhouéto qui allé encore bien loin avec la signature d’une « lettre de confort  » pour servir de garant auprès de la Société Générale afin qu’elle puisse octroyer  un milliard de FCFA pour « le financement des sacs de conditionnement de la production nationale de noix de cajou destinée à l’exportation ». Les questions les plus logiques n’ont pas manqué de fuser : – Quand donc a eu lieu l’avis d’appel d’offres ? – Dans une telle transaction, l’État peut il servir de garant à une entreprise ayant « gagné » un marché public à d’emprunter à la banque pour exécuter un marché qui de surcroit a été attribué en procédure gré à gré ?

Le gré à gré appuyé d’une lettre de confort de l’ancien ministre Lazare Sèhouéto

On observera également que, s’agissant de la transaction liée à l’importation des blocs de roche, le gouvernement a encore passé, le 15 février 2017 un marché de gré à gré de plus de 98 milliards de F Cfa,  resté secret et bien au chaud et ce, avec l’entreprise Belge, Jan De Nul, d’ailleurs citée comme un énorme scandale de corruption en Argentine et dans d’autres pays Européens.

Le gré à gré d’un montant d’environ 99 milliards signé avec le groupe Jean De Nul

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