BENIN/Les événements des 1er et 02 mai 2019 déférés devant la Cadhp: Bientôt le verdict de la Cour Africaine

Le 11 juin 2019, soit un peu plus d’un mois après les tristement mémorables événements post-électoraux des 1er et 2 mai 2019, l’ancien chef de l’État, Boni Yayi, a introduit une requête à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). D’icelle, le requérant demandait, entre autres, la levée de siège autour de son domicile. Le 8 aout dernier, la juridiction africaine rend une première décision – forcément provisoire- estimant «que cette demande est devenue sans objet», dès lors que le blocus avait été déjà levé par L’État attaqué. Et depuis, une campagne médiatique gauchement organisée tente de faire croire que Boni Yayi a été débouté, ni plus ni moins. Grave erreur d’appréciation ou simple fuite en avant ? Le moins qu’on puisse dire à l’étape actuelle des choses est que la procédure ne fait que commencer sur les bords du lac Tanganyika, à Arusha en Tanzanie d’où la Cour s’apprête à donner son verdict sur les tueries des 1er et 2 mai 2019.

 

 

Les Béninois, particulièrement les Cotonois, ne sont pas près d’oublier ces deux jours d’extrême violence vécus au lendemain des élections exclusives du 28 avril 2019. Des pneus brûlés, des infrastructures saccagées, le tout couronné de pertes en vies humaines. Et c’est ici le hic. Comment des forces de l’ordre ont pu user d’armes à balles réelles sur des populations civiles apparemment non armées ? Qui a donné l’ordre de tirer à balles réelles sur des populations civiles à mains nues ? L’heure a sonné de situer les responsabilités, d’identifier les coupables aux fins d’engager des procédures adéquates à leur encontre.

 

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On ne saurait bâillonner les libertés essentielles

Car, la vie humaine est précieuse et sacrée et on ne saurait s’adosser à de fallacieux prétextes non autorisés pour tirer à vue sur des citoyens qui sont au demeurant, libres de s’associer et de manifester. En ceci, les articles 15 et 25 de la constitution et 6 et 11 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples consacrent la liberté de manifestation et d’association

Depuis ces effroyables événements, bien de personnes physiques et morales s’insurgent contre cette violation flagrante des droits humains, mieux, de nombreuses actions juridiques ont été engagées pour de déférer à la CADHP, la conformité de l’infraction d’attroupement armée ou non aux conventions internationales sur la liberté de manifestation… En d’autres termes, est-ce que la poursuite des présumés auteur de l’infraction d’attroupement autorise à ouvrir le feu sur des populations civiles ? Est-ce la poursuite de ladite infraction permet de violer la liberté de manifestation… Dans quelle limite l’attroupement peut engendrer restreindre les manifestations pacifiques et publiques ?

 

Déterminer la responsabilité de l’Etat

 

Il s’agit de la détermination de la responsabilité de l’Etat au regard de la violation des droits humains consacrés par les instruments internationaux. C’est l’éclairage qu’il convient de donner à cette situation. Et c’était sur cette base que le président Boni Yayi avait demandé la levée du blocus à lui imposé illégalement et la libération des présumés manifestants le temps que la CADHP se prononce sur les tueries des 1er  et 02 Mai 2019. Ces recours auprès de l’institution d’Arusha prospèrent bien évidemment et tendent vers la tombée d’un verdict. Cette décision interviendra dans les semaines ou mois à venir. Une procédure judiciaire à laquelle l’ancien président Yayi est intimement lié en qualité de victime. Tout ceci a de quoi donner l’insomnie à ceux qui auront à rendre des comptes. Exécutants et commanditaires vont devoir en répondre car, sans ordres reçus, il n’y aurait pas eu de tirs à balles réelles sur les populations.

 

Par AtaviDjo

 

Sans ordres reçus, pas de tirs à balles réelles

Par Esmer Kakpo

Les Béninois, particulièrement les Cotonois, ne sont pas près d’oublier ces deux jours d’extrême violence vécus au lendemain des élections exclusives du 28 avril 2019. Des pneus brûlés, des infrastructures saccagées, le tout couronné de pertes en vies humaines. Et c’est ici le hic. Comment des forces de l’ordre ont pu user d’armes à balles réelles sur des populations civiles apparemment non armées ? Qui a donné l’ordre de tirer à balles réelles sur des populations civiles à mains nues ? L’heure a sonné de situer les responsabilités, d’identifier les coupables aux fins d’engager des procédures adéquates à leur encontre.

Dans une composition dédiée à l’armée béninoise, Danialou Sagbohan, dont la réputation artistique dépasse largement les frontières nationales, van- tait les mérites de cette armée. Selon « l’homme- orchestre », l’armée béni- noise passait pour la plus disciplinée de la sous-région, la plus républicaine et j’en oublie. Ces glorieux attributs utilisés par Danialou Sagbophan         pour louer le professionnalisme des forces de l’ordre béninoises trouvent leur fondement dans l’attitude républicaine des forces armées de notre pays au plus fort de la crise poli- tique et sociale à l’issue de laquelle le général Mathieu Kérékou fut contraint à convoquer l’historique conférence nationale des forces vives de février 1990. Avant d’en arriver là, le pays connut de vives manifestations, parfois caractérisées par des actes de vandalisme. Mais à aucun moment, les forces de l’ordre n’ont usé d’armes à balles réelles dans la répression de ses manifestations en faveur de la liberté, de la démocratie. Grand fut l’émoi des Béninois lorsque les forces de l’ordre, dans la ré- pression des manifestations de mai dernier, des pertes en vies humaines furent observées. Et ses pertes en vies humaines sont déplorées parce que des agents auraient tiré à balles réelles sur des manifestants civils.

 

Qui a donné l’ordre ?

 

« Forces de l’ordre ». Ainsi désigne-t-on les militaires, gendarmes, policiers et tous les agents en uni- forme. Et ce n’est point un hasard. « Forces de l’ordre » en ce qu’au sein de ces corps règne un ordre absolu. Ici, tout est hiérarchisé, tout est contrôlé, tout est sous surveillance. Les écarts de comportement n’existent quasiment pas. En somme, un élément des forces de l’ordre ne peut se lever et poser un acte sans y être autorisé. De même, il ne saurait se soustraire d’un ordre à lui donné par son supérieur, pour peu que l’ordre soit légal. Le slogan « exécution avant réclamation » trouve son fondement dans cette hiérarchisation absolue, dans cette discipline jamais mise à mal dans ce corps. D’icelui, rien ne se fait au hasard. Dans cette perspective, les balles réelles tirées par des agents les 1er et 2 mai ont forcément une provenance. D’où sont- elles provenues ? Qui a donné un ordre dans ce sens ? Dans le conseil des ministres consacré à ces douloureux événements, le gouvernement a appelé à une enquête aux fins d’évaluer les dégâts maté- riels causés à l’occasion de ces manifestations. Curieusement, le pouvoir a fait l’impasse sur les pertes en vies humaines. Comme si ces événements n’avaient enregistré aucune perte en vies humaines.

 

Or, le gouvernement, par le truchement du ministre de l’intérieur, a bel et bien reconnu des pertes en vies humaines à l’occasion des émeutes du 1er et 2 mai 2019.Puis, silence radio. Heureuse- ment que le procureur de la république du tribunal de première instance de Cotonou, Mario Mètonou, a révélé, au cours d‘une sortie médiatique consacrée aux dizaines d’interpellés de ce dossier qu’une procédure judiciaire est ouverte en vue de faire la lumière, toute la lumière sur les tenants et aboutissants de ces émeutes des 1er et 2 mai 2019.

 

Il est donc à espérer que durant l’enquête, on puisse identifier ceux qui ont donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants. Sous d’autres cieux, en cas de bavures policières occasionnant  des pertes en vies humaines, la première dé- marche consiste à ouvrir une enquête policière ou judiciaire à effet d’identifier le ou les auteurs de ladite bavure mortelle. Et les choses ne trainent pas en la matière, car plus vite les responsabilités seront situées, plus vite les rancœurs nées de cette bavure seront calmées.

Or, depuis le 1er mai 2019, le pouvoir donne l’impression que le volet d’identification des auteurs des bavures ne constitue pas une priorité. Le Bénin ne saurait continuer à agir et à se comporter comme si on était sur un îlot isolé du reste du monde. La gestion des affaires publiques s’est universalisée. Les règles existent donc dans tous les domaines et il suffi t juste de les appliquer

.Même si des spécificités inhérentes à chaque pays se manifestent, il n’en de- meure pas moins vrai que le Bénin ne peut prétendre inventer le fi l à couper le beurre.D’ailleurs, nous sommes arrivés trop tard dans un monde trop vieux.

 

ENCADRE

Certains éléments des forces de sécurité «sont allés contre la consigne donnée»

Le ministre béninois de l’Intérieur Sacca Lafia a affirmé que les rumeurs de l’arrestation de l’ancien chef de l’État, très critique envers le pouvoir, étaient une «fake news» (fausse information), et que la police avait été déployée pour disperser une manifestation non autorisée. Sur RFI, le ministre a aussi reconnu que certains éléments des forces de sécurité «sont allés contre la consigne donnée» de ne pas faire usage d’armes létales. Il a promis une enquête et des sanctions à l’endroit des «forces de l’ordre qui sont passées outre la consigne donnée». Après la séance du Conseil des ministres qui s’est déroulée jeudi après-midi, le gouvernement béninois a toutefois tenu à souligner «le professionnalisme» des Forces de défense et de sécurité dans le maintien de «l’ordre public». «Les meneurs du mouvement ont clairement affiché leur intention d’attenter à la stabilité de l’État», a accusé le gouvernement dans un communiqué.

 

Source : France 24

 

 

 

Source: http://ladepeche.info

 

La Dépêche (Bénin)

 

 

 

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