BURKINA: Procès du putsch manqué: Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé condamnés respectivement à 20 et 10 ans de prison ferme

Après 18 mois de jugement, le verdict du procès du putsch manqué de septembre 2015 est tombé ce lundi 2 septembre 2019. A l’issue d’un procès à multiple rebondissement qui aura captivé l’attention de l’opinion nationale et internationale, le Général Gilbert Diendéré a été reconnu coupable et condamné à 20 ans de prison ferme. Quant au Général de brigade Djibril Bassolé, il écope d’une peine de 10 ans de prison ferme.

 

©Dr

 

Le 16 septembre 2015, des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) tentaient de renverser le gouvernement de Transition alors dirigé par Michel Kafando. Le Général Diendéré avait alors pris la tête du Conseil national pour la démocratie (CND). Mais l’aventure a tourné court. Le coup d’Etat a échoué et ses principaux présumés auteurs sont poursuivis. Le Général Gilbert Diendéré et 83 autres sont accusés d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, dégradation volontaire de biens appartenant à autrui, trahison, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline militaire, violence et voies de faits sur autrui, ou de complicités de ces infractions.

 

Moment très attendu par les Burkinabè, l’ouverture de l’audience initialement prévue pour 10h ce lundi, n’a été effective qu’à 10h35 mn. Le président du Tribunal, Seidou Ouédraogo a d’abord fait la lecture des réponses aux questions posées par le parquet. Selon le président, lesdites réponses ont été faites au regard de certains textes du code pénal.

 

Parmi les inculpés, de grands noms, dont deux «têtes d’affiche» : le Général Gilbert Diendéré et le Général Djibrill Bassolé. Le Général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré et président du Conseil national pour la démocratie, un organe mis en place par les putschistes, a été condamné pour «meurtres, coups et blessures, incitation à la commission d’actes terroristes, attentat à la sûreté de l’Etat et trahison». «Je n’étais au courant de rien. Ce sont des sous-officiers qui étaient à la manœuvre. Peu après, des hommes sont venus chez moi pour m’informer de la situation», avait pourtant déclaré le Général lors des interrogatoires. Il écope d’une peine de 20 ans de prison ferme.

 

Quant au Général Djibrill Bassolé, il a été condamné à 10 ans de prison ferme pour «attentat à la sûreté de l’Etat». Ce dernier avait pourtant toujours nié son implication dans le putsch, se considérant comme un prisonnier politique. Pour ce qui concerne les autres militaires, on retrouve des têtes de proue de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle ; entre autres, le capitaine Abdoulaye Dao (11 ans de prison ferme), le Lieutenant-colonel Mamadou Bamba (10 ans de prison dont 5 ans assorti de sursis), l’adjudant-chef Moussa Nébié dit Rambo (17 ans ferme), Roger Koussoubé (15 ans ferme). Pour ce qui est des civils, Léonce Koné et Hermann Yaméogo (5 ans assorti de sursis), le journaliste Ouédraogo Adama dit Damiss (5 ans ferme). L’ancien bâtonnier Me Mamadou Traoré et Fatoumata Thérèse Diawara ont été purement et simplement acquittés.

 

Les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé ainsi que le Lieutenant-colonel Mamadou Bamba, le capitaine Abdoulaye Dao, l’adjudant-chef major Eloi Badiel et bien d’autres ont été déchus de leurs différentes décorations. Pour Me Guy Hervé Kam, avocat de la partie civile, c’est un grand soulagement. «Nous disions dès le départ que chacune des parties avait sa vérité. Et la plus importante des vérités était celle du tribunal. Notre souhait était que cette vérité se rapproche de plus de celle des faits établis au cours de cette audience. Le tribunal a fait application de peines que nous trouvons clémentes mais notre objectif n’était pas la vengeance. Notre objectif était de savoir qui a fait quoi. Et les victimes peuvent désormais reposer en paix», se réjouit Me Kam. Sur les réparations, Me Hervé Kam estime que toutes les victimes auront des réparations et ont des réparations à demander. D’ailleurs, le tribunal se retrouvera le 22 octobre prochain pour statuer sur les réparations.

 

Pour sa part, Me Olivier Yelkouni, l’un des avocats de Gilbert Diendéré, estime que le tribunal n’a pas suivi le parquet dans ses réquisitions. «Nous allons aviser notre client pour voir s’il faut faire appel», a indiqué Me Yelkouni. L’audience pour les accusés en fuite est fixée au mardi 3 septembre 2019 à 9h.

 

PAR ABEL AZONHANDE 

 

 

Source: http://www.fasozine.com

 

Fasozine (Burkina Faso)

 

 

A lire aussi:

 

BURKINA – Attaques terroristes : éviter la surenchère politicienne

 

BURKINA – Dialogue social: le gouvernement fait appel à l’expertise du BIT

 

BURKINA – Dialogue politique: «C’était un dialogue républicain»

 

Commentaires