MALI – COUP DE GUEULE DE MAHAMADOU ISSOUFOU A PROPOS DU STATUT DE KIDAL: La légitime colère du président nigérien

 

 

« Un sanctuaire pour les terroristes », c’est ainsi que Mahamadou Issoufou, président du Niger, a qualifié Kidal au Nord du Mali. Pour le n°1 nigérien, le statut actuel de Kidal est une menace pour son pays et il sied que l’Etat malien reprenne impérativement ses droits. Un véritable coup de gueule s’il  en est. La colère du président nigérien est d’autant plus légitime que son pays est en proie à des attaques terroristes liées en partie au statut de Kidal. Cela dit, c’est un courage qu’il faut saluer à sa juste valeur, car le dirigeant nigérien a osé dire haut ce que d’aucuns pensent bas. En effet, la lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être gagnée sans  la neutralisation de tous les « sanctuaires des terroristes » tels Kidal et le désert libyen. L’on se rappelle que la question libyenne avait été soulevée par le président en exercice du G5 Sahel lors du dernier sommet des chefs d’Etat du G5, tenu à Ouagadougou, capitale du pays des Hommes intègres et récemment au sommet du G7 à Biarritz en France. C’est dire si la capacité de nuisance des groupes terroristes qui écument la bande désertique africaine reste très préoccupante. Sur la question du nord Mali, le président Issoufou est resté constant. Son combat est de parvenir à ce que les pays du Sahel soient débarrassés de toutes ces organisations terroristes et criminelles dont l’objectif reste tout simplement de semer la mort, la haine et la désolation. Quand le chef de l’Etat soutient que certains terroristes qui attaquent le Niger, se replient dans la région de Kidal, il assène des vérités qui ne devraient pas faire rougir les yeux, mais doivent plutôt interpeller.   Car, cette situation cause non seulement des torts aux populations de Kidal, à celles du Mali dans son ensemble, mais aussi à d’autres pays comme le Burkina où les attaques terroristes sont récurrentes. Du reste, il faut saluer la décision des   présidents  burkinabè et nigérien de créer un comité transfrontalier de sécurité contre le terrorisme.   

 

Ces remous politiques ne sont pas en défaveur des groupes armés

 

L’initiative est noble, surtout que les deux présidents ont exprimé leur ferme volonté d’éradiquer le terrorisme en s’appuyant sur les mécanismes bilatéraux et multilatéraux en préconisant tous deux une approche sous-régionale et régionale, soutenue par des échanges de renseignements et une mutualisation de leurs moyens. S’il est vrai que l’intervention du président nigérien est adressée au Mali, il n’en demeure pas   moins pour la France et pour d’autres groupes armés dont les intentions sont de saper les accords d’Alger de 2015 pour lesquels, la communauté internationale et les belligérants ont consenti d’énormes sacrifices. Soulignons que c’est au moment où les chefs d’Etat malien et nigérien se sont rencontrés pour créer un comité transfrontalier contre le terrorisme, que l’Imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique malien et éminente figure religieuse au Mali, a procédé, le samedi 7 septembre, à Bamako, au lancement d’un mouvement politico-religieux qui a pour nom la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS). Est-ce une coïncidence ? Une action de sape de l’accord de paix de Bamako quand on sait que cette annonce a été accompagnée de sévères critiques à l’égard de la gouvernance d’IBK. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces remous politiques ne sont pas en défaveur des groupes armés. Rappelons également que la rencontre des deux présidents a été tenue au moment où les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO doivent se réunir le 14 septembre prochain à Ouagadougou, pour un sommet extraordinaire sur « le terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad». Une rencontre censée offrir l’occasion aux dirigeants de la sous-région et aux partenaires, de réfléchir sur les réponses décisives à apporter à ce fléau. C’est également une rencontre à l’issue de laquelle les deux homologues malien et nigérien s’attendent à voir des mesures nouvelles favorisant la coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme. Ils souhaitent que ce sommet soit un déclic pour un soutien plus accru de la communauté internationale, aux Etats de la région dans cette lutte. Ce sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la question du terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad,  débouchera-t-il sur des mesures importantes ? On attend de voir.

 

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

 

 

Source: www.lepays.bf

 

Le Pays (Burkina)

 

 

 

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