RUSSIE-AFRIQUE: «On ne peut pas nous denier le droit de pouvoir diversifier nos partenaires… » (Roch Kaboré)

Avant de quitter Sotchi en milieu de matinée, le président du Faso a accordé un grand entretien à la chaîne de Télévision internationale Russia Today. Il s’y est prononcé sur les enjeux du sommet, le partenariat économique avec la Russie, et sur l’implication de cette partie du monde dans la résolution de la crise sécuritaire en Afrique. Face à la presse burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré a principalement dressé le bilan de cette rencontre importante, pour la Russie et pour l’Afrique. Voici l’entretien accordé à la presse nationale.

 

©présidence du Faso

 

Monsieur le président, le forum économique Russie-Afrique vient de s’achever. Pour ce qui est du Burkina Faso, vous êtes venu avec beaucoup d’enjeux, qu’est-ce qu’on pourra retenir ?

 

Roch Marc Christian Kaboré : Notre venue à Sotchi avait deux objectifs essentiels : premièrement, la tenue du forum et deuxièmement, la tenue du sommet entre la Fédération de Russie et l’Afrique. Je dois dire que ça été un succès total, puisque plus de 42 chefs d’Etat étaient présents, et toute l’Afrique. Et au niveau du forum économique, il ya eu 2000 participants du secteur privé aussi bien russes qu’africains.

Il était important que ce forum puisse se tenir pour faire le point des potentialités existant de part et d’autre, et de permettre au secteur privé des deux pays de se rencontrer, de mieux se connaître et de formaliser les questions de coopération économique sur l’avenir. Comme vous le savez, le secteur privé a un rôle important à jouer dans le développement des relations économiques entre nos deux pays, entre l’Afrique et la Fédération de Russie.

Au niveau du sommet qui était un sommet un peu plus politique qu’économique, il est important de noter qu’il ya 20 milliards d’opérations commerciales qui se déroulent entre la Fédération de Russie et l’Afrique de façon générale, et qu’il fallait travailler justement à augmenter ce potentiel.

De ce point de vue, nous avons prévu engager la responsabilité entre l’Afrique et la Fédération de Russie, de pouvoir travailler ensemble, d’autant plus que nous avons la Zone de Libre Echange continentale africaine (ZLECAf) qui a créé un marché de 1 milliard 300 millions de personnes, et que l’Afrique a tout à faire : transformation de nos matières premières, électrification, développement de l’industrie, etc. C’est un continent qui est en pleine croissance au niveau du digital, au niveau de la croissance économique, au niveau de la jeunesse. Nous avons un potentiel qu’il s’agit de mettre en valeur.

Donc de part et d’autre, nous avons des intérêts à défendre dans un esprit de respect mutuel, un esprit de respect de la dignité des uns et des autres, et de justice. C’est une coopération qui doit être gagnant-gagnant.

On s’est engagé à ce que ce sommet puisse se tenir tous les trois ans, avec le fait que les ministres des affaires étrangères, dans l’intervalle, vont travailler à faire le point de l’évolution des choses. Et je crois qu’au niveau commercial et surtout économique, les différents partenaires qui sont venus se rencontrer devront continuer à entretenir des relations de manière à formaliser un peu plus les activités entre la Fédération de Russie et le continent africain.

Je dois d’ailleurs souligner que nous avons, au niveau de l’Union africaine, signé un mémorandum d’entente entre la Fédération de Russie et notre union, et entre l’Union économique euro-asiatique et l’Union africaine, pour permettre de développer ces activités commerciales.

Je dois dire que ce premier sommet a été un véritable succès et maintenant il s’agit de travailler pour en récolter les bénéfices.

 

Quel rôle peut jouer la Russie dans la lutte contre le terrorisme en Afrique et singulièrement au Burkina Faso ?

 

Nous avons simplement demandé à la Fédération de Russie de s’investir dans les différentes initiatives qui sont déjà prises. Nous avons déjà une initiative au niveau de la CEDEAO, pour lutter contre le terrorisme, en lien avec le G5 Sahel. Nous avons également ce que nous avons appelé le partenariat international pour la stabilisation et la sécurité au niveau du Sahel, qui a été proposé au niveau du G7, dans lequel également la Russie peut s’investir.

L’engagement du président Poutine a été clair, de pouvoir voir comment on peut aider les pays africains dans cette lutte contre le terrorisme et contre l’insécurité de façon générale, étant entendu que sans stabilité, il ne peut y avoir le développement des affaires. Ce sont des choses qui sont liées et il s’agira, au niveau de nos structures, notamment le secrétariat permanent du G5 Sahel, de continuer à faire le travail afin de pouvoir mobiliser toutes ces énergies en faveur de la lutte contre le terrorisme.

 

C’est un nouveau départ avec la Russie, mais est-ce que ça ne va pas compliquer les relations avec des partenaires classiques comme la France et les Etats-Unis ?

Non pas du tout ! Je pense que tous ces pays entretiennent des relations avec la Russie ! Pourquoi pas l’Afrique ! On ne peut pas nous denier le droit de pouvoir diversifier nos partenaires également. Ça fait partie des relations, et du multilatéralisme dans le monde, et de ce point de vue, nous sommes tout à fait en droit de le faire sans aucune contrainte, parce que nous l’avons dit, nous n’avons pas de relation d’exclusivité avec un partenaire quelconque. Ce sont nos intérêts que nous suivons.

 

Retranscription: Direction de la communication de la présidence du Faso

*Le titre est de la rédaction

 

 

Source: http://www.fasozine.com

 

Fasozine (Burkina Faso)

 

 

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