L’Homme, seul avec sa conscience…

 

 

Farah Abdillahi Miguil


Le monde n’a jamais été ébranlé à ce point. De mémoire d’hommes, c’est du jamais vu !
Etat d’urgence sanitaire, couvre-feu et confinement sont les maîtres mots de ce nouveau monde depuis l’apparition du Coronavirus. Fermeture des frontières, des écoles, des lieux des cultes, des institutions. Arrêt des transports en commun.

Chaque être humain se retrouve face à lui-même. Un face-à-face avec soi-même. Un face-à-face avec sa conscience. Un face-à-face éventuel avec la mort seul. Un face à face difficile et douloureux.

Un monde masqué fait son apparition. Le monde se voile. Il entre en quarantaine. Aucun continent n’est épargné. L’occident se confine face à la peur d’un ennemi invisible. Les rues sont envahies par un silence abyssal. Toutes les libertés sont mises entre parenthèses voire « confinées ». L’autre devient un danger potentiel. Une distance de survie est nécessaire. Des mesures barrières dit-on. Elle varie selon le pays d’un mètre à deux mètres.

Le monde tremble. L’humanité s’interroge, se questionne, ….
Le décompte macabre des personnes emportées par le tsunami du Covid-19 défile chaque jour sur nos écrans de télévision. La peur devient un compagnon. On ne fait plus de projet à moyen terme ni à long terme. On espère survivre au Covid-19 pour entamer une nouvelle vie. Demain, espoir d’être un témoin privilégié de cette histoire.

Face à la providence divine, l’Homme prend conscience de sa fragilité, de sa vulnérabilité et de sa petitesse. Et pourtant, un monde où la lucidité, la sagesse et la clairvoyance ont déserté nous conduira sûrement vers un suicide collectif.

L’OMS prévient en répétant sans cesse que le continent africain doit se préparer au pire. Que faire face à des systèmes sanitaires défaillants ? Quelles solutions ? Quelles alternatives ?

Les solutions d’ailleurs ne peuvent pas être les solutions d’ici. Dans les statistiques disponibles plus de 40% de la population africaine n’a pas accès à l’eau potable. Dans les capitales africaines, la population flottante constitue une proportion importante. La plus grande majorité des citoyens du continent vivent le jour au jour. Et pourtant, les dirigeants africains du nord au sud, de l’est à l’ouest, ont emboîté le pas à l’Europe en instaurant des confinements, des états d’urgence et des couvre feux. Combien de temps pourront tenir ces populations ?

La fin d’un monde se profile à l’horizon et l’entrée d’un nouveau monde se précise.
La mondialisation et le triomphe du libéralisme deviennent un cauchemar. Le monde s’est arrêté et reste suspendu. Plus de voyage. L’économie rentre en récession.

Ce qui se passe nous dépasse à l’heure actuelle. Et demain?
La solidarité européenne s’est évaporée. Aujourd’hui, soutien et solidarité pour l’Italie viennent de la Chine, du Cuba, de la Russie, …. Qui pouvait imaginer ce scénario il y a quelques temps!

Le Covid-19, le grand égalisateur…
Le coronavirus a fait disparaître en si peu de temps les classes sociales. Pour une fois la frontière entre riches et pauvres est abolie. Le Covid-19 ne connait ni les frontières sociales ni celles des pays.

Dans ce tableau sombre, il faut souligner le courage, la détermination, l’abnégation et le sacrifice du personnel soignant partout dans le monde face à la pandémie du Coronavirus. Leur dévouement et leur loyauté sont une invitation à l’admiration mais aussi une source d’inspiration.

 

Farah Abdillahi Miguil

 

 

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