MALI – Perspectives politiques : L’imam Mahmoud Dicko solde-t-il ses comptes à IBK ?

Après avoir fait élire IBK au palais présidentiel de Koulouba en 2013 l’Imam Mahmoud Dicko a fini par rejeter la gouvernance de son « ami » et le vouer aux gémonies à la présidentielle de 2018. Le prêcheur semble à présent prêt à régler quelques comptes au chef de l’Etat…

 

 

Il s’est voulu, depuis quelques années, faiseur de roi au Mali. L’imam Mahmoud Dicko, malgré son départ de la présidence du Haut Conseil islamique du Mali, se prépare à assumer ce rôle dans la perspective de 2023. Et, puisque IBK va quitter la présidence du pays dans trois petites années, l’imam se sent pousser des ailes pour sortir de ses gongs.

En meeting le samedi dernier, ce guide religieux s’est donné des airs de « défenseur du peuple ». Contre qui ? Nul ne le sait pour le moment. « Je dis que je vais parler et je  vais le faire. Je vous le jure »,a-t-il presque menacé. Comme pour dire qu’il a connaissance d’embarrassants dossiers de ceux qui sont au pouvoir. Et ce grand dignitaire du wahhâbisme malien de s’en prendre aux institutions de la République.Certaines de ces institutions lui semblent avoir de trop gros budgets. Il s’agit de la présidence de la République et de l’Assemblée Nationale. L’Imam de Badalabougou plaide pour la diminution drastique du budget de la Présidence de la République et celui de l’Assemblée Nationale. « Il faut diviser les budgets de ces institutions par trois », a déclaré l’imam Dicko devant des milliers de personnes acquises à sa cause.

Même si Mahmoud Dicko peut faire croire qu’il est dans un combat avant-gardiste et de défense des pauvres, l’on s’étonne de voir l’homme critiquer aujourd’hui la présidence de la République. N’est-ce pas cette institution qui lui a fait bénéficier de quelques libéralités roulantes, il y a de cela quelques années ? De combien de largesses M Dicko a-t-il profité tant avec IBK qu’avec ATT ? Et pourquoi c’est maintenant seulement que l’imam se rend compte du caractère excessif du budget de la présidence de la République ou de celui de l’Assemblée Nationale ? Si Mahmoud Dicko se faisait demain élire à la tête de l’Hémicycle par exemple ou du futur Sénat par exemple, aura-t-il les mêmes opinions critiques ?

Pour certains observateurs, l’imam est en train de sortir de son rôle et tente de solder ses comptes à IBK, dont le train de voyage et les luxueux voyages ne laissent pas indifférent dans un pays en crise comme le nôtre. L’imam Mahmoud Dicko se montre ainsi attentionné et objecteur de conscience afin de marquer l’électorat dans l’éventualité de la présidentielle 2023. Echéance à laquelle il entend jouer un rôle décisif d’au moins un faiseur de roi. Réussira-t-il cette ambition ? Trop tôt pour le savoir.

Mais le prêcheur plaide, par ailleurs, pour la suppression des institutions comme la Haute Cour de justice, le Conseil économique, social et culturel, le Bureau du Médiateur de la République, auxquelles il trouve d’importance.« C’est trop d’institutions pour rien », juge-t-il. Et de souligner que la suppression de ces institutions permettra de diminuer les dépenses de l’Etat. D’après lui, l’argent destiné à leurs fonctionnements pourra  être reversé  dans le secteur de l’éducation (pour dénouer par exemple la crise scolaire actuelle), de la santé et de la défense. Avant de verser dans une sorte de populisme en faveur des enseignants souvent considérés comme les enfants pauvres de la gouvernance. «La revendication des enseignants est un dû. Et un dû  ne se négocie pas »,a-t-il martelé.« On parle de je ne sais combien de milliards. Mais est ce que les enseignants ne méritent pas cette somme ? » Se demande-t-il. L’imam  « engagé » menace et somme le gouvernement à régler le problème avant le vendredi prochain.  Passé ce délai, il promet une grande mobilisation dont le lieu de rassemblement  et l’heure seront communiqués dans les jours à venir. Comme pour maintenir une sorte d’épée de Damoclès sur la tête du pouvoir IBK.

 

Boubou SIDIBE

 

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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