MALI – Tension sociopolitique et tendance à défier le pouvoir : IBK contraint à gouverner autrement

Après les vives échauffourées de Sikasso, de Bougouni et d’ailleurs liées à la contestation des résultats des dernières élections législatives, c’est Kayes qui a pris le relais avec de violentes émeutes. Ces événements traduisent un malaise sociopolitique qui doit inspirer un changement de cap de gouvernance.

 

IBK et Boubou Cissé

 

Les manifestants, sur ces différents théâtres, scandaient des slogans hostiles au régime IBK. Certains n’hésitaient pas  à plaider pour la « démission» du chef de l’Etat, de la présidente de la Cour constitutionnelle, du ministre de la Sécurité, etc.

En s’attaquant même à des édifices publics comme des commissariats, les bureaux de  préfecture, comme ce fut le cas à Kayes, la semaine dernière, les populations concernées expriment une sorte de défiance vis-à-vis de l’autorité. C’est ce qui a fait que certains manifestants sont allés jusqu’à bloquer le ministre Salif Traoré, qui a passé quelques heures difficiles avant que les esprits ne se calment.

Ces actes d’hostilité vis-à-vis du pouvoir viennent se greffer à des appels quasi-insurrectionnels de certains cadres politiques et associatifs contre la gouvernance IBK. C’est le cas du Pr Clément Dembélé, mis aux arrêts par les services de sécurité, Nouhoum Sarr, le président du parti FAD, aussi interpellé, du député Bourama Tidiane Traoré dit Banazolé et d’autres jeunes, accusés de menacer la stabilité des institutions.

A l’analyse, ces sauts d’humeurs exacerbés interpellent les gouvernants sur la nécessité de changer de cap dans la gestion des affaires du pays. Comment le climat sociopolitique peut-il être stabilisé avec autant de front de contestation et de défiance ? Comment IBK peut-il préserver son pouvoir avec autant de braises qui couvent ? Quelle ampleur cette tension sociopolitique devrait-elle prendre  si le leader de l’opposition (FSD) était libre et impulsait ce début de contestation susceptible de se généraliser ?

Toutes ces questions incitent à appeler le chef de l’Etat, son Premier ministre et le tout-nouveau président de l’Assemblée Nationale à poser les jalons d’un véritable changement dans la gouvernance du pays. Cela doit commencer par la formation très bientôt d’un gouvernement d’union nationale susceptible de rassembler le plus grand nombre de forces politiques et de la société civile. Celui-ci pourra aider à calmer les ardeurs des contestataires des récentes législatives. Surtout que, parmi ceux-ci, l’on retrouve des alliés politiques du pouvoir comme l’UDD, l’APR, la CODEM, l’UM-RDA, etc.

Cette équipe gouvernementale devrait aussi rassembler des acteurs politiques de l’opposition comme les FARE AnkaWuli, le MPR, le CNID-FYT, la LDC, le MODEC, la FCD, le PDES, etc. Le tout en vue de faire converger les esprits vers le chantier des réformes majeures à entreprendre. Car, il est certain que dans le climat actuel de mécontentements, les réformes politico-institutionnelles réveilleraient des velléités de rejet du genre « Anté abanna ».

En outre, le climat de déception par rapport à la gouvernance IBK appelle le locataire du palais de Koulouba a œuvrer en sorte que l’opinion ressente une volonté de mieux faire, de pacifier le pays, de soulager les ménages, bref de déblayer le terrain pour sa sortie de la scène en 2023. A cette dernière équation doivent collaborer le Premier ministre Boubou Cissé et le nouveau titulaire du Perchoir, Moussa Timbiné. Ces efforts pour revoir la copie de la gestion du pays va de l’intérêt de tous dans un Mali en délicate sortie de crise sécuritaire, dans le centre et le Nord du pays. Il urge de faire souffler un vent nouveau sur le quotidien des Maliens, et le plus sera le mieux.

 

Boubou SIDIBE

 

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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