BENIN/Joël Aïvo pressenti à la présidentielle 2021:Signaux de détresse à la mouvance

Malgré tous les résultats économiques et infrastructurels et les atouts politiques qu’ils peuvent revendiquer, les militants de la mouvance présidentielle semblent perdre leur sérénité face aux soupçons de candidature du professeur de Droit Joël Aïvo à la présidentielle de 2021. De quoi ont peur les souteneurs de Patrice Talon, pourtant champion toutes catégories confondues.

 

 

Des signaux de détresse se font visibles au sein de la mouvance au pouvoir. Les ambitions présidentielles prêtées au professeur Joël Aïvo, font perdre le sommeil aux thuriféraires du pouvoir en place. Tous les arguments sont bons pour disqualifier l’agrégé des facultés de Droit d’une éventuelle course à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Depuis plusieurs mois, Joël Aïvo a entrepris ce qu’il appelle «dialogue itinérant» avec les Béninois pour rompre le silence que tente de leur imposer le régime en place. Lors de ses descentes sur le terrain, il aborde avec ses interlocuteurs entre autres sujets la restauration de la démocratie, la justice économique, l’apaisement du climat politique. A ses compatriotes désabusés par la gouvernance Talon, il promet que la page sera tournée dans quelques mois. Dans le camp du pouvoir qui compte à son passif le recul de la démocratie, la morosité économique et la tension politique perceptibles, c’est une levée de boucliers.

Des qualités dont ne pouvait justifier le champion de la mouvance avant son élection sont déniées à Joël Aïvo. Sa capacité à restaurer la démocratie éventuellement en tant que Chef de l’Etat n’est nullement reconnue, parce que se dit-il, il ne suffit pas d’être constitutionnaliste pour faire de la démocratie. Aussi à la mouvance présidentielle, l’on affirme que «la restauration de la démocratie n’est pas un projet de société». Et comme cela ne suffit pas, le professeur Aïvo est attaqué sur sa ville d’origine: le pouvoir, veulent-ils faire croire, ne fait pas bon ménage avec les natifs de la capitale béninoise Porto-Novo. Dans une tendance à ridiculiser, il est comparé à des candidats très peu pris au sérieux par le passé. La volée de bois verts que l’on donne ainsi à Joël Aïvo prouve que malgré tout ce que peut revendiquer la mouvance comme atouts, ne suffit pas pour solliciter légitimement et sereinement un second mandat pour le Chef de l’Etat actuel.

Presque tous les indicateurs macroéconomiques sont pourtant au vert, à entendre ces derniers temps les membres du Gouvernement. Quelques centaines de kilomètres d’infrastructures routières sont présentées comme des réalisations inédites. Et les réformes politiques opérées par le pouvoir semblent pourtant ouvrir le boulevard devant la mouvance présidentielle pour conserver le pouvoir. Comment arrive-t-on alors devant un tel tableau de résultats à redouter un candidat non encore déclaré et sans bilan, contrairement à l’homme fort du moment ? S’il reçoit des jets de pierres, c’est certainement parce que le professeur Joël Aïvo est un arbre qui porte des fruits.

 

Par Boris Roxann Anago

 

 

Source: http://ladepeche.info

 

La Dépêche (Bénin)

 

 

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