MALI – Crise sociopolitique et soutien à IBK : Des alliés en doute et réflexions

Que ce soit au sein du RPM, le parti présidentiel ou des autres partis de la majorité présidentielle, le soutien à IBK semble désormais n’être que sur le bout des lèvres.

 

 

Ils ne se font plus prier pour exposer leurs positions de plus en plus critiques à l’égard du mentor, le président IBK, pour qui personne ne s’empresse désormais de voler au secours.

Après les dernières manifestations du M5-RFP du 10 et 11 juillet ayant entrainé des scènes de saccages et de pillages, les leaders des partis alliés à la gouvernance IBK sont apparus refroidis dans leur soutien au chef de l’Etat.  C’est ainsi que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, leader de l’ASMA-CFP, dira dans un tweet qu’il est regrettable que l’on ait attendu ces manifestations avant de prendre certaines décisions. Il fait référence à la décision du chef de l’Etat d’abroger le décret de nomination des membres de la Cour constitutionnelle, comme « mesure d’apaisement ». le président de l’ASMA-CFP n’était donc pas content de l’attentisme ou la lenteur observée chez le président IBK par rapport aux revendications du M5-RFP dans son mémorandum du 10 juin.

En effet, Soumeylou Boubèye Maïga avait, un peu plus tôt, suggéré la dissolution de l’Assemblée Nationale, celle de la Cour constitutionnelle et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Avait-il eu le sentiment de ne pas être écouté ? Certainement.

Idem pour la CODEM de l’ex-ministre Housseini Amion Guindo, qui a fini par réclamer, dans un récent communiqué, la démission du Premier ministre Boubou Cissé pour faciliter la tâche à IBK de former un gouvernement de consensus. Ce parti se montre critique sur la gestion de la crise sécuritaire notamment dans le centre du pays, la gestion de la crise scolaire par le chef du gouvernement, sans oublier la lenteur dans la prise de certaines décisions.

En outre, des alliés politiques d’IBK n’ont pas hésité un seul instant à dénoncer les arrestations des leaders politiques du M5-RFP et exiger leur libération au lendemain des événements des 10 et 11 juillet. Ce fut le cas du PARENA, de Tiébilé Dramé, récemment ministre des Affaires étrangères, et d’autres, qui ont par cette prise de position, désavoué la gestion de la crise actuelle par IBK et son Premier ministre. Sans trop enfoncer le clou, ils reconnaissent tous que les revendications portées par le M5-RFP sont toutes légitimes à l’exception de l’exigence de la démission du chef de l’Etat. Certaines, en aparté, contestent les manœuvres ayant permis d’élire Moussa Timbiné, le protégé d’IBK, à la tête de l’Assemblée Nationale.

Par ailleurs, du côté des partis comme le RPM et l’ADEMA, des voix discordantes et critiques se font entendre pour critiquer la gestion des affaires publiques sous IBK, en particulier les élections législatives 2020, etc. Tout ce désordre a finalement affaibli le locataire du palais de Koulouba qui peine à trouver autour de lui le répondant nécessaire pour calmer les ardeurs insurrectionnelles du M5-RFP. La preuve, les regroupements politiques de soutien au pouvoir ont brillé par leur absence sur le terrain des manifestations, les rassemblements et marches prévus par ces coalitions (CFR, IBK Kanu et autres) ayant été reportés ou ayant peiné à mobiliser.

Avec ces hésitations et prises de positions, l’on se demande si finalement les alliés du chef de l’Etat ne sont pas en doute ou en réflexions sur la résilience du régime. Sont-ils désormais en doute quant à l’avenir politique immédiat du président IBK ? Rien n’est moins sûr. Ces alliés doivent se dire que, dans tous les cas, le régime IBK sauvé ou non, plus rien ne sera comme avant.

 

Boubou SIDIBE

 

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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