BENIN/Joël Aïvo à propos du boycott de la présidentielle 2021 : «Renoncer, c’est capituler»

Le professeur de droit constitutionnel a profité de son étape de Glazoué le week-end dernier pour adresser un message aux partisans du boycott des prochaines élections. «Notre pays a besoin de solution, et non de capitulation»

 

 

Par Frantz Axel  Messana

Les appels au boycott des prochaines élections législatives se sont multipliés ces dernières semaines de la part de leaders d’opinion qui estiment que les conditions d’une élection inclusives ne sont pas réunies pour que l’opposition y participe. Pour certains des tenants de cette ligne, s’associer à ce processus serait une façon de cautionner une nouvelle forfaiture antidémocratique du régime en place.

Une option sur laquelle les populations de Glazoué ont interpellé l’universitaire, soulignant le silence de l’opposition et faisant notamment allusion au verrou du parrainage ainsi qu’ au contrôle total qu’exerce le régime sur les institutions en charge de l’organisation et de la gestion des élections. « N’ayez pas peur ! », leur a-t-il répondu impassible et déterminé. C’était déjà la même réponse qu’il avait servie aux étudiants et aux populations de Pahou quelques jours plus tôt.  « Le Bénin a besoin de solution, pas de renoncement … et renoncer, c’est capituler », ajoutera l’agrégé des facultés de droit.

Selon lui, si beaucoup pensent que la prochaine élection présidentielle est hors de portée de tout challenger au président Patrice Talon, il n’est est en réalité rien. Le parrainage, principal point d’inquiétude des populations est au contraire le signe même que c’est le pouvoir qui a peur. Il fait remarquer que le parrainage a dû être instauré comme un ultime verrou alors que la mouvance au pouvoir contrôlait à cent pour cent le Parlement, le Comité de supervision de la liste électorale, la Cour constitutionnelle et même la Commission électorale et que la caution pour être candidat à la présidentielle était au montant prohibitif de 250 millions de francs. Mais pas seulement. Tous ceux qui dérangeaient s’étaient retrouvés soit en prison, soit en exil. Qu’avait donc à craindre dans ces conditions un régime qui veut conserver le pouvoir pour qu’il soit nécessaire d’en rajouter aux mesures d’exclusion des adversaires ? La peur et le manque d’assurance, repondra-t-il. Le vrai sens du parrainage, à l’en croire, est de distraire les Béninois, de leur faire croire que les jeux sont faits et de les détourner de l’élection présidentielle de 2021. Et pour une simple raison : « ils ne contrôlent pas le peuple », affirme le professeur Aïvo qui lance son mot d’ordre : « levez-vous, restez debout, on ne tue pas tout un peuple, prenez votre part dans l’entreprise de libération du pays, rejoignez-moi, donnons-nous la main, pour que l’élection ne nous échappe pas … la présidentielle aura lieu dans sept mois, et je vous fais la promesse que nous aurons un nouveau Chef de l’Etat … ne désespérez donc pas de notre pays … ».

La réponse favorable valant adhésion à l’appel du professeur titulaire de Droit public, aura été servie par un responsable de l’Union des conducteurs de zémidjan du Bénin, à Bohicon : « 2021, c’est sauve qui peut, ou nous l’arrachons, ou nous ne cédons pas ».

 

Frantz Axel  Messana

 

 

Source: http://ladepeche.info

 

La Dépêche (Bénin)

 

 

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