BENIN – Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané POLITIQUE Présidentielle au Bénin: Pascal Koupaki et Bio Tchané caressent leurs derniers espoirs

L’élection présidentielle de 2021 s’annonce à grands pas, avec un lourd silence de deux acteurs politiques majeurs de ces dix dernières années. Il s’agit de Pascal Irénée Koupaki (PIK) et Abdoulaye Bio Tchané (ABT). Venus en 4è et 5è position à la présidentielle de 2016, ces deux acteurs jouent leurs dernières chances sur leur rêve de diriger le Bénin.

 

Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané

 

Respectivement Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence et Ministre d’État chargé du Plan et du Développement, Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané, considérant les lois électorales en vigueur, ont encore chacun une dernière chance de réaliser leur rêve de diriger le Bénin. Contrairement à l’information qui a fait le tour des réseaux sociaux et de certains journaux ces derniers jours, PIK semble être toujours éligible aux yeux des textes. La Constitution et le Code électoral en vigueur tournent pour le moment en sa faveur et à celle de ABT.

 

Actuellement âgés de 69 ans révolus et de 67 ans révolus , le chantre de la “Nouvelle Conscience” et ABT ferment respectivement 70 ans le 18 mai 2021 et 69 ans le 25 octobre 2021. Or, l’article 44 de la loi n°2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de la loi n°90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin en alinéa 6 précise que « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est âgé d’au moins 40 ans révolus et au plus 70 ans révolus à la date d’entrée en fonction». Ainsi, jusque là les chances de PIK et ABT sont intactes.

 

Les précisions de l’article 153-3 de la Constitution et du Code électoral

 

En dehors de l’article 44, l’article 153-3 de la loi fondamentale dispose « L’élection du président de la République est organisée le deuxième dimanche du mois d’avril de l’année électorale. Un second tour de scrutin est organisé, le cas échéant, le deuxième dimanche du mois de mai (…). Dans tous les cas, le président de la République élu entre en fonction et prête serment le quatrième dimanche du mois de mai».

 

Mieux, le Code électoral en ses articles 8 et 131 vient conforter les chances de Pascal Irénée Koupaki et d’Abdoulaye Bio Tchané aux yeux des textes. En effet, le Code électoral a repris les disposions de la Constitution sur les différentes dates de la tenue de l’élection. L’article 8 du Code électoral dispose « L’élection du président de la République est organisée le deuxième dimanche du mois d’avril de l’année électorale. Un second tour de scrutin est organisé, le cas échéant, le deuxième dimanche du mois de mai (…)».

L’article 131 du même Code, quant à lui, précise que : « Le président de la République élu entre en fonction et prête serment le quatrième dimanche du mois de mai de l’année électorale. Le vice-président élu entre en fonction au même moment que le président de la République élu ».

 

L’éligibilité de Pascal Koupaki et d’Abdoulaye Bio Tchané ne semble donc pas poser de problème selon la loi fondamentale et le Code électoral. Mais leur candidature à la présidentielle de 2021 ne tient pas seulement aux textes. Le contexte politique est un facteur important qui déterminera la position de PIK et d’ABT en 2021. Et c’est justement ce contexte politique qui visiblement ne tourne pas en faveur de ces deux présidentiables.

 

Quid du contexte politique?

 

Membres influents de la Coalition de la Rupture au second tour de la présidentielle de 2016, PIK et ABT ont été “déplumés” à la suite de la réforme du système partisan. Coincés dans l’Union Progressiste (UP) pour l’un et dans le Bloc Républicain (BR) pour l’autre, ils suivent désormais la dynamique de la mouvance présidentielle dictée par le Président Patrice Talon qui pour le moment tient toutes les cartes de 2021 dans sa main.

Simples partisans, ministres, responsables de partis et autres, sont tous attentistes et suspendus aux lèvres du Chef de l’Etat. Le fameux “j’aviserai” compromet visiblement les ambitions de PIK et ABT, qui jusque là ont du mal à se démarquer. Et pourtant, ABT avait clairement indiqué que l’une des raisons de son soutien à Patrice Talon en 2016, c’est son engagement de faire un mandat unique.

 

Des ambitions présidentielles sacrifiées ?

 

Le fauteuil présidentiel est dans le viseur de certains politiques tapis dans l’entourage de Patrice Talon. C’est un secret de polichinelle. Et c’est donc à juste titre que ces derniers prient ciel et terre pour que l’actuel locataire de la Marina passe la main en respectant sa parole : « sugir, agir et disparaître ». Si Patrice Talon cède sous la pression d’une frange de ses soutiens, en ravalant ses dires lors de la campagne électorale, il va sacrifier les ambitions présidentielles d’Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Koupaki et consorts. Cependant, rien n’est encore certain quant à la candidature du chantre de la Rupture.

 

Le jeu est toujours ouvert…

 

En réalité, PIK et ABT peuvent toujours jouer d’autres cartes en dehors de celles détenues par Patrice Talon. Il est vrai qu’en étant toujours dans le système à quelques mois de la présidentielle, cette option est peu probable; mais possible. Ils ont en effet la possibilité de démissionner de leurs actuels postes et de provoquer le destin. Même si Patrice Talon pourrait s’imposer aux deux blocs auxquels ils appartiennent, PIK et ABT peuvent prendre leur indépendance et décrocher des parrainages.

Ainsi, si le Président Patrice Talon ne tenait plus sa promesse de mandat unique, il aura entre autres concurrents, ses deux collaborateurs. Dans tous les cas, à l’étape actuelle de la situation, tout est encore possible. Pascal Irénée Koupaki et Abdoulaye Bio Tchané peuvent toujours espérer, en caressant leurs derniers espoirs de se voir à la tête du Bénin.

 

Cochimau S. Houngbadji 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

 

 

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