MALI / Organisation d’une transition civile : Des doutes subsistent sur la sincérité des militaires du CNSP

Le contrôle des organes de transition en vue risque d’être la nouvelle bataille qui opposera sur l’arène politique le CNSP à la classe politique dans toute sa composante et les Chefs d’Etats de la Cédéao. De nombreux cadres reprochent au CNSP de traîner le pied à donner le pouvoir aux civils et de vouloir faire main basse sur la lutte héroïque du M5-RFP.

 

 

L’ancien ministre de l’Education, le Pr Moustaph Dicko, membre du comité exécutif de l’Adema, est le premier à rompre le silence sur la sincérité des militaires par rapport à la gestion de la transition par les civils.  Dans un texte intitulé ”LE JOUR DE GLOIRE EST SI EVANESCENT”,  il appelle le CNSP  à  s’inspirer  de la jurisprudence qui a prévalu  au  Burkina Faso après le départ de Blaise Compaoré.  «  Le cas burkinabé  pourrait servir de jurisprudence. N’eut été la CEDEAO le général Diendéré aurait renversé le régime de la transition burkinabé. Il l’a réussi d’ailleurs, c’est la CEDEAO qui a remis le président Kafando et le Colonel Zida en place », a-t-il rappelé.

Ce cadre de l’Adema exprime son mécontentement à l’amateurisme qui a marqué  les assises du week-end dernier à Bamako et  estime qu’il n’y a pas de temps à perdre.  Selon lui, « Vouloir définir les termes de référence de la transition tel que vous êtes en train de vouloir le faire tend à prouver que vous avez juste tenté une aventure et elle vous a réussi, mais que vous n’avez pas parachevé l’immense travail périlleux qui a coûté la vie à beaucoup de jeunes maliens du M5-RFP, comme vous l’annonciez et que vous voulez rester dans cette aventure sans savoir ce que vous voulez pour le Mali, votre pays meurtri. ». Lequel  prévient  les militaires que  « le Mali ne se gérera plus jamais comme ça. Sauf dans la terreur et dans l’instabilité ! On en a connu d’autres et on sait surtout comment elles ont été balayées ! »

Pour l’ancien ministre Moustapha Dicko,  la transition ne devrait pas excéder un an, un an et demi.   Et de conclure en donnant des conseils aux militaires, « plus vite  le terrorisme sera chassé de nos terres, plus la nation malienne vous sera reconnaissante. Plus vite la chienlit créée par la mal gouvernance s’arrêtera, plus vous aurez mérité de la nation, plus vous aurez rendu son honneur à votre tenue, plus vous aurez vengé nos couleurs nationales, aujourd’hui sous perfusion internationale. »

Comme lui, beaucoup de cadres au sein du M5-RFP et en dehors du Mali commencent à mettre en cause la sincérité des militaires auxquels ils reprochent de vouloir un autre agenda sauf celui de rendre le pouvoir aux civils comme largement recommandé par l’écrasante majorité des propositions faites par les partis politiques sur la transition. « Certaines personnes sont entrain de convaincre les militaires à diriger la transition et je pense que c’est ce qu’ils veulent », remarque le Chargé de communication du M5-RFP.

La Cédéao, pour sa part, reste ferme  sur sa position. Elle donne jusqu’au quinze (15)  septembre prochain aux militaires pour désigner, à la tête de la transition, un Président et un Premier Ministre civils.

L’organisation ouest-africaine reproche au CNSP de tergiverser en tentant de légitimer son coup de force  auprès de l’opinion nationale et internationale par les séries de visites et de concertations sans pourtant  poser aucun acte concret tendant à rendre le pouvoir aux civils.

Malgré des doutes relevés çà et là contre les militaires, ils continuent à faire traîner le processus de formation de l’organisation de la Transition. En procédant unilatéralement à la nomination de son président Colonel Assimi Goïta comme le Chef de l’Etat et qui devient automatiquement, selon l’acte fondamental rendu public, le président de la transition.  Les militaires, qui avaient annoncé «  de vouloir organiser une transition civile » il y a trois semaines, placent aujourd’hui leurs éléments au commandement de l’armée, exercent les prérogatives de président de la République et seraient dernière le « Mouvement populaire du 4 septembre » qui a organisé hier soir un meeting sur la Place de l’Indépendance à Bamako pour son soutien.

 

S.DIAMOUTENE

 

 

Source : http://www.maliweb.net

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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