NIGER: En démocratie, élection ne rime pas avec conspiration

 

Zakaria Abdourahaman

Le peuple est l’alpha et l’oméga de la conquête et l’exercice du pouvoir. Il est souverain. Curieusement, au Niger, nous avons une catégorie de politiciens qui n’ont aucune considération pour le peuple. Ils sont prêts à tout pour conquérir le pouvoir, y compris par la violence.

Ces derniers jours, ils l’ont encore prouvé à l’opinion nationale et internationale. En effet, avec les actes qu’ils ont posé, ils ont voulu non seulement ternir le premier passage démocratique de témoin entre deux Présidents, mais aussi déstabiliser la République. Les fossoyeurs de notre processus démocratique ont montré aux yeux du monde entier le degré de leur intolérance, leur haine et leur inhumanité.

Ces éternels conspirateurs ont chauffé à blanc leurs nervis et des gamins avec des propos qui sapent les fondements de la paix et de l’unité nationale. C’est ainsi que des vandales et des pyromanes ont causé des morts, des blessés et des dégâts qui ont occasionné des pertes énormes à l’Etat et ruiné plusieurs citoyens. C’était un spectacle effroyablement désolant qu’ils ont offert aux paisibles habitants de la capitale du Niger et ses environs. Pire encore, des gangs et des hordes  orientés et téléguidés ont inquiété, terrorisé et attaqué barbarement des honnêtes citoyens, leurs familles, leurs voisinages et les Forces de Défense et de Sécurité qui sont venues les protéger.

Comment comprendre qu’au moment où Mahamane Ousmane veut se conformer à la légalité, certains de ses alliés veulent jeter le Niger dans le chaos ?  Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a une discordance ou une ambivalence qui laisse supposer une connivence. Par conséquent, si tant est qu’Ousmane est vraiment un légaliste, il lui appartient de lever l’équivoque en condamnant clairement la violence. L’un dans l’autre, on peut affirmer sans risque de se tromper que les propos tenus par certains avant, pendant et après les élections prouvent que leur soutien n’est en réalité qu’une tunique de Nessus (cadeau empoisonné) qu’ils lui ont offert et c’est aussi un prétexte pour dérouler un agenda politique insurrectionnel.

Notre pays est fier et jaloux de son bien vivre ensemble qui tire sa source dans des valeurs socio-culturelles ancestrales et une gouvernance qui ne laissent aucune chance à des affrontements entre citoyens. Tout parti politique un tant soit peu sérieux doit contribuer à renforcer cette situation et à procéder à l’éducation civique et politique des citoyens. Quant aux jeunes désœuvrés que certains veulent initier et confiner dans la violence, ils aspirent aussi au bien-être et à un avenir radieux.

Malheureusement, dans notre pays, nous avons quelques politiciens terroristes qui rament à contre-courant d’une société paisible, stable, démocratique et prospère. Il faut le dire sans ambages, notre patrie n’a pas besoin de génocidaires qui tiennent des propos sectaristes et racistes et qui n’hésiteront pas à s’asseoir sur des ruines, des cendres et des cadavres pour diriger. En réalité, ils n’aiment ni leur pays ni la démocratie. Cette fois ci, ils sont allés loin, mais il faut absolument leur empêcher d’aller plus loin. Comme l’a dit Max Weber, seul l’Etat détient le monopole de la « violence physique légitime. »

Au Niger, de l’avis de tous, les élections ont été libres, transparentes et inclusives. Les Nigériennes et les Nigériens attendent de Mahamane Ousmane une attitude du bon perdant. Il n’appartient pas à un candidat d’être juge et partie en s’autoproclamant gagnant en lieu et place de la CENI. La victoire du Président de la République élu Mohamed Bazoum est celle du peuple nigérien. Un peuple qui est très attaché à la fraternité, au travail et au progrès.

 

Zakaria Abdourahaman

 

 

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